Pourquoi les étudiants sont aussi inquiets pour leur avenir aujourd’hui ?

Pourquoi les étudiants sont aussi inquiets pour leur avenir aujourd’hui ?

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Peur de l’avenir, difficulté à se projeter, pression des choix d’études, éco-anxiété, comparaison permanente… Si tu as l’impression que penser au futur est devenu une source de stress, tu n’es clairement pas seul. Derrière ces inquiétudes se cache une réalité partagée par toute une génération d’étudiants, confrontée à un monde instable et à des décisions à prendre de plus en plus tôt.

La peur, sentiment des étudiants et de toute une génération

Une chose est sûre : les jeunes sont aujourd’hui particulièrement impactés et concernés par leur avenir. Que ce soit leur avenir professionnel ou leur futur de manière plus générale, beaucoup s’inquiètent et se demandent ce qui les attend. Nous sommes à l’ère de la digitalisation et de l’interconnexion la plus développée que l’humain ait connue. Le ton alarmiste dans les médias, sur les réseaux sociaux, alimente en permanence cette inquiétude. Peu à peu, ce climat installe une forme d’anxiété généralisée, qui finit par s’ancrer dans le quotidien. Comment se construire un avenir, investir dans des études, quand le futur semble totalement incertain ?

Les chiffres confirment ce ressenti. Plusieurs enquêtes récentes montrent qu’une large majorité des jeunes déclarent se sentir inquiets pour leur avenir, notamment sur les plans professionnel et financier. Selon le baromètre Ipsos mené en France, plus d’un adolescent sur quatre fait l’objet d’une suspicion de trouble anxieux généralisé, et 45 % des adolescents en France seraient potentiellement concernés par des troubles de l’anxiété. La bonne nouvelle, c’est que ces questions sont désormais davantage reconnues. Le bien-être psychologique et la santé mentale sont de plus en plus pris en compte. Les mentalités évoluent sur un sujet qui, jusqu’ici, n’était que très peu adressé, notamment dans les générations précédentes.

Se tromper n’est pas une fin en soi

La peur commence souvent par la pression de faire le « bon » choix. Dès la sortie du collège, la question se pose : qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? Comment choisir, comment savoir ce que tu aimes, comment distinguer ce qui te correspond vraiment de ce que l’on te pousse à faire ?

Selon une étude de Kaspersky, 64 % des jeunes déclaraient ne pas savoir quelle orientation choisir. Cette difficulté est renforcée par la complexité du système : la plateforme Parcoursup regroupe aujourd’hui plus de 25 000 formations post-bac. Entre formations sélectives, non sélectives et en apprentissage, se projeter devient compliqué. D’autant plus que près d’un étudiant sur trois se réoriente au cours de sa première année d’études. Faut-il privilégier des études censées assurer un avenir, ou suivre ce qui te plaît réellement ? Vient ensuite la question du travail. Faire des études, oui, mais qu’est-ce qui t’attend à la sortie ? Le choix d’un parcours est souvent perçu comme stratégique, puisqu’il doit, à terme, te permettre de trouver un emploi et de gagner ta vie. Or, le monde change et évolue rapidement, et tu ne peux jamais avoir la certitude que tous tes efforts seront forcément récompensés comme tu l’imagines.

Alors ça y est, tu t’es enfin décidé. « Moi, je veux être peintre. » Tu es très manuel, tu peins depuis toujours, et c’est la seule chose qui t’anime vraiment. Mais ton meilleur ami, lui, veut devenir ingénieur. Il est soutenu, encouragé, sa famille est derrière lui. Quand tu parles de ton projet, tu remarques le visage des gens, leur inquiétude. « Peintre ? C’est-à-dire ? » Tes parents s’interrogent, parce que c’est une passion, pas un « vrai » métier. Ne vaudrait-il pas mieux s’assurer un avenir, quitte à obtenir un diplôme que tu n’aimes pas ?

Ce type de réaction est loin d’être isolé. Dès qu’un projet sort des parcours jugés « classiques » ou « sûrs », il est souvent perçu comme risqué, voire irréaliste. Dans l’imaginaire collectif, certains métiers continuent d’incarner la stabilité, tandis que d’autres restent associés à l’incertitude, même lorsqu’ils reposent sur de vraies compétences et des parcours structurés. Cette inquiétude s’explique en partie par un héritage générationnel. Pendant longtemps, obtenir un diplôme reconnu suffisait à garantir une certaine sécurité professionnelle. Aujourd’hui, ce modèle est moins évident, mais les réflexes restent. Tu te retrouves alors pris entre ce qui tu aimerais faire et ce qui semble, aux yeux des autres, plus rassurant pour l’avenir.

Enfin, la comparaison permanente accentue ce sentiment. Sur les réseaux sociaux, LinkedIn ou à travers les classements, les parcours sont souvent montrés sous leur meilleur angle. Stages prestigieux, diplômes, réussites rapides : l’impression que tout le monde avance plus vite, même quand ce n’est pas vrai. En vérité, ces parcours mis en avant ne représentent qu’une partie de la réalité étudiante. Les doutes, les hésitations et les détours restent largement invisibles, alors qu’ils font partie intégrante de nombreux parcours.

Douter n’est pas synonyme d’échec

Le doute fait partie du passage à l’âge adulte. À un moment ou à un autre, tu te poses forcément des questions sur ton avenir, tes études, tes choix. Et c’est normal. Douter ne veut pas dire que tu es perdu ou que tu fais mal les choses. Ça veut surtout dire que tu réfléchis.

Peu de personnes savent exactement ce qu’elles veulent faire dès le départ et s’y tiennent sans jamais changer d’avis. Se tromper d’orientation, ajuster son parcours, revoir ses projets en cours de route, c’est quelque chose de très courant. L’incertitude n’empêche pas de réussir. Au contraire, elle te permet d’apprendre et de faire le tri entre ce que tu pensais aimer et ce que tu aimes vraiment. Faire des études même s’il y a quelques virages reste valorisé et peut devenir une force.

Certaines choses dépendent de toi, et d’autres non. Tu peux t’investir dans tes études, faire des choix, tenter, essayer. En revanche, tu ne maîtrises pas tout ce qui concerne le marché du travail, le contexte économique ou ce qui se passera dans dix ans. Avancer par étapes et prendre du recul est nécessaire pour ne pas t’enfermer dans cette anxiété qui s’auto-alimente.

Ne pas avoir toutes les réponses maintenant, ce n’est pas un problème. Ton avenir ne se joue pas en une décision. Il se construit avec le temps, les expériences et les ajustements.

L’incertitude comme toile de fond permanente

L’éco-anxiété chez les jeunes

Tu te questionnes sur ton avenir, mais certainement tout autant sur l’avenir de manière générale. La question du climat occupe d’ailleurs une place particulière dans toutes les préoccupations quotidiennes. Chaque jour, tu es inondé de messages alarmistes et une surinformation à laquelle tu dois t’adapter. Changement climatique, montée des eaux, écosystème en danger, situation de guerres et de famines… toutes ces questions étroitement liées à des problématiques éthiques. Impossible d’y échapper : la planète se dégrade et les conséquences du changement climatique feront pleinement partie de ta vie adulte. Cette prise de conscience précoce que tu ressens sûrement a un nom : l’éco-anxiété.

C’est une anxiété qu’aucune génération avant toi n’avait connue. Désormais, toutes ces problématiques font clairement partie de tes considérations sur ton avenir, autant personnel que professionnel. Des choix considérés comme « normaux » auparavant, se projeter sur le long terme, acheter un logement, fonder une famille, ne coulent plus de source. Ce questionnement se retrouve aussi dans les débats publics récents autour de la natalité et de l’avenir démographique. Ces inquiétudes influencent des décisions majeures, comme le lieu de vie, le type de travail envisagé et donc, la boucle est bouclée, les études à envisager. Une étude de The Lancet, menée auprès de 10 000 jeunes internationaux de 16 à 25 ans, montre que 59 % sont préoccupés par le changement climatique. Une large majorité de jeunes interrogés déclarent même se sentir angoissés, par l’état de la planète et par l’idée que les générations actuelles ne réagissent pas assez vite. Cette peur ne reste pas abstraite : elle peut affecter ta capacité à te projeter, à étudier, à dormir ou à envisager ton avenir avec sérénité.

Un sentiment souvent renforcé par un fossé intergénérationnel. Tu peux avoir l’impression de porter une responsabilité lourde, alors même que tu n’as pas été à l’origine des décisions passées. La colère ou le sentiment d’injustice face à l’inaction perçue des décideurs alimentent encore davantage l’anxiété. Pour autant, cette éco-anxiété n’est pas uniquement paralysante. Elle peut devenir aussi un moteur d’engagement. T’engager, changer certaines habitudes, réfléchir autrement à ton avenir professionnel, ou chercher à donner du sens à tes études sont autant de façons de reprendre une forme de contrôle dans un contexte jugé instable. Cette inquiétude climatique révèle finalement une peur plus large : celle de ne pas pouvoir te projeter dans un futur vivable.

FAQ : Pourquoi les étudiants sont aussi inquiets pour leur avenir aujourd’hui ?

Comment savoir si une idée de métier est “réaliste” sans l’abandonner trop vite ?

Teste-la en version concrète : une journée d’immersion, un stage court, une mission bénévole, un projet perso, ou même un entretien avec quelqu’un du secteur. Ce n’est pas “rêve ou sécurité”, c’est souvent “tester puis ajuster”.

Je me compare tout le temps aux autres : comment couper l’effet “tout le monde réussit sauf moi” ?

Rappelle-toi que tu vois surtout les moments “vitrine”. Pour retrouver un repère, compare-toi à toi-même : ce que tu savais faire il y a 6 mois, ce que tu as appris, ce que tu as osé tenter. C’est ça qui montre une vraie progression.

À qui parler quand la peur de l’avenir prend trop de place ?

Commence simple : un proche de confiance, un prof référent, un responsable de formation. Et si ça pèse vraiment, les services de santé étudiante, les psy de campus ou des dispositifs d’écoute peuvent t’aider à souffler et remettre les idées au clair.

Comment choisir une voie quand tu as peur de te fermer des portes ?

Vise une base qui te laisse des options : compétences transférables, expériences terrain, et un plan B crédible. Beaucoup de parcours se construisent par briques, pas en une décision définitive.

Comment garder de la motivation quand tu as l’impression que “ça ne sert à rien” ?

Reviens à des objectifs courts et atteignables : un mois, un semestre, une compétence à apprendre, une expérience à tenter. Tu n’as pas besoin d’avoir toute la carte de ta vie pour avancer : tu as juste besoin du prochain pas.

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